dimanche 23 décembre 2012

#214 Sarah GLEASON

"Tu veux ma photo ?"
Inspecteur Sarah
Sarah est la maman de l'unité. Elle est exogène, puisqu'elle habite l'unité au-dessus, mais la plupart de ses collocs sont plutôt Chinoises ou solitaires, ce qui rendait l'intégration difficile. Du coup, elle a rapidement pris l'habitude de venir nous rendre visite, ou de sortir avec les compères Charming John et Magic Max. C'est elle qui nous apporte des fruits et des légumes pour l'équilibre de notre alimentation, et quelques remarques féminines pour l'équilibre de notre mental. Bref, elle assume sa nationalité (et les nôtres) en prenant soin de nous un peu comme l'Amérique prend soin de l'Europe : elle nous considère avec un regard attendri et se préoccupe de notre santé, parce que même si on ne se comprend pas toujours bien et qu'on se moque d'elle parce qu'elle n'a que de vagues notions de gastronomie ou de cinéma, il faut bien s'entraider et se serrer les coudes dans ce monde hostile, avec tous ces étranges Chinois incompréhensibles qui rôdent dans les couloirs.


Et puis aussi, il faut dire qu'elle est à moitié japonaise, alors elle a plein d'amies japonaises bilingues à Tôkyô. Comme nous on est la bande des beaux tombeurs européens, elle peut jouer les entremetteuses et mettre en présence les deux parties. Qui se plaindrait d'être régulièrement entretenus avec un public admiratif de jolies petites japonaises qui parlent anglais ?

lundi 17 septembre 2012

#117 Max WILSON

Aka Magic Max, aka Double-One-Seven, notre bout-en-train de Max est un joyeux lardon venu tout droit du pays des rosbifs. Il nous le rappelle tous les jours en empilant les tasses dans l'évier, et les sachets de thé usagés dans la poubelle. Il est ici pour étudier les rigoureuses sciences de l'économie, mais il a beaucoup, beaucoup d'humour. Il en fait outrageusement usage, notamment à l'encontre de notre maman américain, #214 Sarah GLEASON, sur qui il fait pleuvoir les calembours et les coups montés à un rythme effréné, poussant parfois le bouchon passablement loin (elle s'est une fois répandue en supplications à ses pieds pour s'excuser d'avoir accidentellement supprimé un travail de plus de deux heures de son ordinateur. Evidemment, le rapport en question était toujours là).

A l'image de son numéro gagnant du MI6, Double-One-Seven est un vrai passionné de poker, et il paraîtrait qu'il soit plutôt doué. De caractère, c'est d'ailleurs plutôt du genre à bluffer en roulant des mécaniques à l'extérieur, et il joue facilement les larrons de foire avec le compère Jean, mais quelques discussions sérieuses en tête-à-tête sur des fins de soirée m'on rapidement permis de réaliser qu'il n'était pas (seulement) le joyeux luron léger et désinvolte qu'il prétend être.
En réalité, c'est un personnage profondément sensible, très intelligent, et très intéressant. Sa malédiction, comme c'est généralement le cas lorsqu'on est affligé d'un esprit trop vif, c'est de ne pas trop savoir s'arrêter, que ce soit pour les blagues ou pour les réflexions autodestructrices sur le cruel monde extérieur...

Sa bénédiction, c'est qu'il s'est récemment trouvé une jolie petite Japonaise, qui parle même pas mal anglais.

Si vous voulez passez une bonne soirée, c'est donc un excellent compagnon, tant pour la franche rigolade que pour la papoterie : il y en a pour tous les goûts.

samedi 15 septembre 2012

#115 Lucio GIOVANELLI

Notre ami italien Lucio est mon préféré (j'ai un bon feeling avec les Italiens). Il représente sans doute le meilleur équilibre entre fun et maturité qu'on puisse trouver dans l'unité. Ça doit être un truc d'Italiens, parce que son compatriote Loris est dans le même genre, en plus extraverti et avec des yeux bleus.
Il faut dire aussi que Lucio est également de 1987, comme Kô et moi, alors que nos autres collocs sont passablement plus jeunes. On s'en rend compte le vendredi soir, quand les trois « papys » sont en pantoufles à la maison, en train de se préparer un petit bouillon de ramen, pendant que les trois autres courent les bars de Shibuya ou les boîtes à Roppongi.
Imitation de
Watanabe-sensei

J'en rajoute un peu, parce qu'en réalité Lucio aime bien aller faire un tour du côté de Kabukichô ni-chôme de temps en temps, Kô passe son temps à voyager, et moi je fais des virées avec les compagnons du Matsuba. Mais c'est toujours agréable d'avoir au moins un colloc qui se soucie de sortir les poubelles et qui comprend qu'on puisse râler quand la vaisselle traîne pendant un week-end dans l'évier, qui finit bouché. On a également monté un trafic de crème fraîche, parce que s'il y a bien un terrain d'entente certain (ou de querelle, c'est selon) entre Italiens et Français, c'est la bouffe. On se fait des dégustations de fromage ou de charcuterie, au gré des colis. Et ça, c'est sacré.

Lucio est aussi au département des études japonaises, et travaille comme serveur exotique dans un restaurant italien réputé de Tokyo. C'est un amoureux de la soufflerie de la cuisine, parce qu'il vient d'un pays chaud, et il la règle souvent entre 28 et 30°C. Honnêtement, c'est pas moi qui vais lui jeter la pierre. Il arrive aussi qu'il s'en serve comme sèche-linge d'urgence, quand il a besoin d'un peignoir.

Nous partageons aussi avec Lucio la manie de partir à la chasse aux 半額, c'est-à-dire aux repas tout faits qui tombent à moitié-prix en fin de journée au supermarché du coin. Une belle invention économique, qui permet de se gaver de kara-age bon marché en guise d'amuse-gueule le soir, au retour de l'entraînement.



vendredi 14 septembre 2012

#114 Jean BAUER

Comme son nom l'indique, l'ami Jean est Allemand, ce qui veut dire qu'on prononce en fait son prénom très proche de l'anglais "John", quelque chose comme "Djôn". D'après une mode lancée par le camarade Lucio, j'ai pris l'habitude de l'appeler Charming John, ça lui va à ravir.

Il est ici pour six mois seulement, puisque nos amis germains doivent également faire six mois de stage en entreprise japonaise dans leur cursus à l'étranger (ha ha !), à plus forte raison s'ils étudient l'économie, comme c'est le cas pour notre ami.

Jean et moi avons un peu la même relation à propos de la cuisine que Holland et Merkel à propos de l'Europe : Il m'observe attentivement dés que je touche une casserole, me demande ce que je vais cuisiner dedans avec un intérêt poli et curieux, me regarde faire tout du long, et se fend parfois même d'un conseil ; il est plutôt franchement directif, avec une pointe de condescendance didactique, et demande volontiers qu'on lui rende de menus services, même s'il ne s'abaisse jamais à faire usage de la collocation "s'il vous-plait" ; il essaie de me donner des leçons d'écologie, auxquelles je réponds oui-oui en n'en pensant pas moins, et je fais à ma manière, en me disant qu'il n'a pas le monopole du vert, non mais quel culot.
Heureusement qu'il n'y a pas de Grec dans l'unité, on serait capables de s'engueuler froidement entre nous pour savoir comment lui dire de gérer sa bourse universitaire...

jeudi 13 septembre 2012

#113 江國豪 (Kuo-Hao CHIANG)

Il est Taïwanais, donc il a un nom chinois. Et bien oui, je vous rappelle que le nom officiel de Taïwan (台湾) est République de Chine, la vieille, la vraie, par opposition à la République populaire de Chine, plus récente, et surtout révolutionnaire. Subtile, hein ?
Or, le problème des noms chinois, c'est qu'ils sont imprononçables, c'est bien connu. C'est pour cette raison que les faux Chinois (populaires) ont tous également un nom américain inscrits sur leur carte d'identité. Mais pas les Taïwanais, qui sont des vrais Chinois purs et durs d'origine. Alors pour simplifier, on appelle notre ami Kô, par transcription japonaise du premier caractère de son nom (c'est pratique, les caractères), et plus souvent Kô-kun, parce que c'est affectueux et qu'on l'aime bien.

Il a 25 ans, et il est ici en échange pour apprendre la Loi. Enfin, il fait des études de droit quoi. C'est-à-dire qu'il fait toutes les deux semaines un voyage à droite ou à gauche avec ses amis taïwanais, et il nous ramène à chaque fois des spécialités locales, en général des gâteaux, des biscuits ou des bonbons.

Il fait aussi de la calligraphie, et c'est un bon terrain d'entente entre nous, si ce n'est qu'il triche, parce que lui ça fait depuis tout bébé qu'il manie le pinceau pour écrire sa langue (parce que les Taïwanais, contrairement aux Chinois, n'ont pas bradé leurs caractères au rabais, eux). Il m'a même offert des feuilles effaçables pour s'exercer à la calligraphie pour mon anniversaire.

Bref, il est charmant.

#112 Patrick SCHULTEIS


Patto-san est Autrichien, et étudie à Meiji dans la faculté de recherche en informations et communication. Il est très ouvert et très sympathique, avec un abord très mature, notamment parce que son copain allemand doit avoir environ 40 ans, je crois. Ah oui, parce qu’il est ouvertement et irrémédiablement gay. Et en réalité, il a de profondes et soudaines poussées de puérilités, pour compenser. Sa dernière trouvaille, c’est un pistolet en plastique pour enfant, qui tire de petites billes orange. Désormais, il y en a toujours quelques-unes qui traînent dans un coin ou l’autre de la cuisine, puisqu’il s’amuse régulièrement à tirer sur les gens, quand ça lui prend. Mais ne vous trompez-pas, il est adorable. Son seul vrai défaut est qu’il déteste faire la vaisselle.